Autisme TSASDI – Logique et orgeuil

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Les Autistes TSA SDI : Partage de Logique Confondu avec de l’Orgueil

Autistes TSA SDI, partage de logique confondu avec de l'orgueil

Certaines personnes autistes avec TSA SDI (Trouble du Spectre de l’Autisme Sans Déficit Intellectuel) sont fréquemment accusées de condescendance ou d’orgueil. Cette perception reflète généralement un malentendu profond : ces personnes partagent leur logique, leur expertise et leurs observations, pas une affirmation de supériorité. Il est important de noter que cette dynamique ne concerne pas tous les autistes de la même manière, et que les autistes eux-mêmes reconnaissent qu’ils peuvent se tromper et demandent une discussion constructive.

Les autistes TSA SDI ne sont pas systématiquement plus intelligents. La différence réside dans leur manière de traiter l’information : plus logique, plus linéaire, plus détaillée. Ce n’est pas une supériorité, c’est une différence. Cet article décrit un style de pensée, pas un niveau intellectuel.

Ce Que Font Réellement Les Autistes

Communication et dialogue autistique

Partager leur processus logique

Quand un autiste résout un problème, il tend à expliquer son cheminement étape par étape. Cette démarche reflète son besoin de clarté et de précision. Il décrit non pas pour démontrer sa supériorité, mais pour rendre son raisonnement transparent et potentiellement utile.

Ce qu’il communique : « Voici comment j’ai pensé ce problème. Peut-être que cette approche vous sera utile ou permettra une discussion. »

Ce qui est souvent reçu : « Je suis plus intelligent et je te montre comment on pense vraiment. »

Partager une expertise spécialisée

Certains autistes développent parfois une connaissance approfondie dans des domaines spécifiques. Quand ils partagent cette expertise détaillée, c’est généralement un acte d’inclusion, pas d’exclusion. Ils considèrent que cette information est importante et pertinente.

Intention : « Voici ce que j’ai compris. C’est utile pour comprendre le sujet. »

Interprétation fréquente : « Il se croit plus savant et veut me montrer ma méconnaissance. »

Signaler une inexactitude

Les autistes traitent l’information de manière littérale et systématique. Une erreur factuelle crée une dissonance cognitive qui demande correction. Cette correction est une tentative de rétablir la précision, pas une critique personnelle.

Intention : « Je pense que ce fait est inexact. Voici la version que je connais pour qu’on partage la même base. »

Interprétation fréquente : « Il pense que je suis incompétent et il veut me le faire sentir. »

Important : Tous Les Autistes Ne Fonctionnent Pas Ainsi

Cette description ne s’applique pas uniformément à tous les autistes. Certains développent une hyper-conscience des codes sociaux et filtrent davantage leur communication. D’autres adoptent rapidement des stratégies d’adaptation sociale.

De plus, les autistes eux-mêmes sont conscients qu’ils peuvent se tromper. Lorsqu’un autiste partage sa logique, il n’affirme généralement pas une certitude absolue. Il propose une analyse ouverte à la discussion et à la correction. Beaucoup d’autistes expriment explicitement : « Je peux me tromper. Je suis ouvert à d’autres perspectives. »

Même si, de l’extérieur, cela peut parfois sembler énoncé comme une certitude, c’est souvent simplement la seule option qui lui paraît encore logique, en attendant avec intérêt toute remise en question fondée sur un raisonnement clair.

Pourquoi C’est Perçu Comme de l’Orgueil

Le filtre d’interprétation neurotypique

Les neurotypiques tendent à chercher du sens entre les lignes : intention cachée, hiérarchie sociale, dimension relationnelle. Quand un autiste parle directement et factuellement, cette absence de « filtre social » est souvent interprétée comme une affirmation de supériorité.

Un énoncé littéral devient, dans l’interprétation neurotypique, une tentative de domination symbolique ou sociale.

La correction perçue comme humiliation

Pour un autiste, corriger une erreur est une opération logique neutre. Pour le neurotypique, être corrigé publiquement ou privément peut être reçu comme une critique personnelle ou une atteinte à l’estime de soi.

L’autiste n’a généralement pas envisagé cette dimension émotionnelle. Il a simplement identifié une inexactitude et l’a signalée. Mais cette absence de considération pour l’impact émotionnel est souvent interprétée comme du mépris volontaire.

L’expertise comme menace perçue

Quand quelqu’un maîtrise un sujet en détail, le neurotypique peut ressentir une inégalité de statut. Cette inégalité perçue peut générer de l’inconfort ou de la frustration. L’autiste qui partage son expertise ne cherche généralement pas à créer cette inégalité, mais simplement à partager ce qu’il sait.

Le Cœur Du Malentendu

Double empathie et incompréhension mutuelle

Les autistes possèdent une empathie affective comparable ou supérieure aux neurotypiques. Cependant, leur empathie fonctionne différemment : elle ne les pousse pas nécessairement à adapter leur communication pour ménager les susceptibilités sociales.

Leur approche reflète plutôt une logique : « Si cette information est utile, je la partage. Si cette correction est nécessaire, je la propose. » L’intention est constructive et collaborative, mais elle est exprimée sans les amortisseurs sociaux que les neurotypiques utilisent habituellement.

Il ne s’agit pas de deux logiques opposées, mais de deux cadres de référence incompatibles : le cadre de la clarté absolue contre le cadre de la préservation relationnelle.

Quand L’Autiste Se Retire

Isolement et retrait social

Après plusieurs expériences où son partage de logique a été reçu comme de l’orgueil, où sa correction a été perçue comme une attaque, et où son expertise a provoqué de l’hostilité, beaucoup d’autistes font un calcul logique : les coûts émotionnels du partage dépassent les bénéfices.

Ils cessent progressivement de :

  • Partager leur raisonnement détaillé
  • Signaler les inexactitudes
  • Offrir leur expertise
  • Participer aux discussions

Le silence qui en résulte paraît souvent froid ou hautain de l’extérieur. « Il ne veut pas nous aider. » « Il garde son savoir pour lui. » « Il se croit trop bon pour participer. »

En réalité, l’autiste a appris une leçon : offrir sa logique provoque du rejet. Le silence est plus sûr.

C’est une décision rationnelle fondée sur l’expérience répétée. Mais elle rend invisible à la fois l’autiste et la valeur qu’il aurait pu apporter.

Ce Qui Pourrait Changer La Dynamique

  • Reconnaissance que l’autiste n’affirme pas l’infaillibilité : Comprendre que la directivité ne signifie pas certitude absolue. L’autiste peut très bien dire « Je peux me tromper, mais voici ma perspective » ou « Je ne suis pas certain, mais je proposerais ceci. »
  • Différenciation entre contenu et forme : Évaluer la qualité de l’idée indépendamment de son emballage social. L’absence de politesse n’invalide pas le contenu.
  • Demande explicite d’intention : Plutôt que de supposer, demander : « Tu essaies de partager une expertise ou de suggérer que j’ai tort ? » Cette clarification évite les malentendus.
  • Reconnaissance que les autistes cherchent la collaboration : Les autistes qui partagent leur logique recherchent généralement un dialogue, pas une affirmation unilatérale. Ils sont souvent très ouverts aux contre-arguments basés sur des faits.

La Réalité Nuancée

Collaboration et compréhension mutuelle

Un autiste TSA SDI offre sa logique en collaboration, pas en domination.

Mais si cette offre est reçue comme une attaque personnelle de manière répétée, il apprendra à ne plus l’offrir. Et cela paraîtra comme de l’orgueil, alors que c’était de la protection.

Le coût réel de ce malentendu n’est pas tant pour l’autiste, qui s’adapte, que pour le groupe entier, qui perd accès à une perspective logique ou différente et une expertise sincère qui aurait pu enrichir la discussion.

Cet article ne suggère pas que les autistes sont plus intelligents ou ont toujours raison. Il explique simplement pourquoi leur manière de communiquer crée des malentendus, rien de plus.

Les autistes ne cherchent pas à dominer. Ils cherchent simplement à être compris.


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Sepien, Sepienne (La #scléroseenplaques ou #multiplesclerosis (SEP ou MS) est une maladie neurologique invalidante caractérisée par la destruction progressive de l'enveloppe protectrice des nerfs du cerveau et de la moelle épinière)

Sources

  1. Okuzumi et al., Roles of empathy in altruistic cooperation in adults with and without autism spectrum disorder (2024)
  2. Relational Psychology Group, The Double Empathy Problem (2025)
  3. Pride in Self Counseling, Autistic Communication and Neurotypical Misunderstandings (2025)
  4. Frontiers in Psychiatry, Autistic Adults May Be Erroneously Perceived as Deceptive (2021)
  5. Neurodivergent Insights, Autistic Communication as Difference (2024)
  6. Specialisterne, Why Your Autistic Employee May Come Across as a « Know-It-All » (2024)